Le baiser de la mort

Quintette pour quatuor à cordes et piano

  • 2016

  • 17’

  • Commande du festival Les Vacances de Monsieur Haydn

Imaginez deux étoiles gravitant l’une autour de l’autre, deux astres constituant  un système binaire lointain perdu dans l’espace. Sous l’impulsion de la force gravitationnelle, ces étoiles vont se rapprocher l’une de l’autre, partageant mutuellement leur matière. Puis elles finiront par s’effondrer l’une dans l’autre et ne former plus qu’un seul et même corps céleste. Cet échange de matière suivi de ce terrible effondrement, c’est cela le « baiser de la mort », ultime baiser que s’échangeraient deux étoiles. Tel est le funeste destin auxquelles les étoiles trop proches l’une de l’autre sont promises.

Après une contemplation en champ large du cosmos scintillant, la musique semble effectuer un zoom vers un système binaire perdu dans la galaxie et présente le thème de chaque étoile.  Deux motifs en forme de cercle, tournant inexorablement  l’un autour de l’autre, chacun tournant également autour de lui-même.

Ces deux motifs vont par leurs nombreuses transformations nourrir toute la pièce, et ainsi révéler perpétuellement de nouveaux visages. L’aspect froid, presque vide, de la première présentation laissera peu à peu place à un emballement rythmique rappelant la vitesse croissante des deux étoiles au fur et à mesure qu’elles se rapprochent l’une de l’autre. La musique semble parfois s’arrêter, comme s’il s’agissait d’un rappel du temps jadis où ces deux étoiles pouvaient se contempler l’une l’autre paisiblement. Puis après des moments de tendresse et de sensualité, la danse reprend, les étoiles se rapprochent, le tempo s’accélère porté par les deux motifs fusionnants. Enfin inéluctable se produit, les deux astres s’effondrent en un fracas assourdissant. Toute l’énergie semble retenue en un seul et même point, un ré obstinément répété comme le ferait un pulsar. Un dernier souvenir des thèmes des deux étoiles disparues clôt cette terrible histoire d’amour céleste.

Le baiser de la mort est dédié à Jean-Philippe Uzan.

Le baiser de la mort - Fabien Waksman
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